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2020.03.20 Lifestyle

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La personne et le sacré
La personne et le sacré

De Simone Weil
Préface de Florence de Lussy

genre / philosophique

extrait choisi : “ Ce qui est sacré, bien loin que ce soit la personne, c’est ce qui, dans un être humain, est impersonnel. Tout ce qui est est impersonnel dans l’homme est sacré, et cela seul. “ p 21


5 bonnes raisons d’être ABSORBER par ce livre:

  1. La difficulté à lire de la philosophie réside dans notre faculté à regarder, écouter et comprendre le texte de la façon la plus neutre possible - ne rien projeter de ce que nous sommes et revenir à l’essence originelle des mots

  2. Simone Weil ( 1909/1943) s’attache à définir l’impersonnel qui ne s’opère “ que par une attention d’une qualité rare et qui n’est possible que dans la solitude” p 23

  3. Le collectif est une clé de voûte car il permet la solidarité, le réconfort - il est aussi le moyen d’exprimer “un cri” pour ceux qui n’ont pas voie à la parole p 19

  4. Simone Weil, a travaillé pendant 2 ans en usine à la chaîne - elle approche le “travail physique comme une valeur absolument égale à celle de l’art et la science “ car il peut être un vecteur “vers une forme impersonnelle de l’attention”

  5. Elle pose une exigence de langage - oppose au droit la notion de justice. La vérité, La beauté, l’intelligence versus le génie - elle s’efforce à nommer, l’impersonnel qui tend au sacré.

La personne et le sacré - Simone Weil - édition RN - jeune maison d’édition - éditeur passionné et talentueux - texte de 1943 écrit à l’âge de 34 ans - réédité en 2016 - 59 pages - à lire et relire


Marc Jacobs
Marc Jacobs - Unseen

Essai par Rachel Feinstein
Préface par Sally Singer introduction par André Leon Talley

genre / mode photo - dans les coulisses des défilés

extrait choisi : “ Fashion isn’t a necessity. It pulls at your heart. It’s a whim. You don’t need it. You want it.” Marc Jacobs (dernière page ) “ Babeth Djian, founder and editor of Numero magazine, once noted that Jacobs created “fashion that goes directly from the runway to the street, without ever sacrificing part of the dream” p 240


5 bonnes raisons de VOIR UNE MODE par ce livre:

  1. Il y a une allure, une chic fille chic .Marc Jacobs - ce genre de vêtement que l’on enfile comme un pyjama et nous offre la possibilité de dire “ j’ai du style l’air de rien ! ” - une façon de bouger dans l’espace - Marc Jacobs, c’est rien, c’est simple et cela fonctionne !

  2. A chaque collection, tout change et pourtant le style MJ est là, présent à chaque défilé, reconnaissable, quelle gageure !

  3. Il évoque ses influences, à une exposition, un magazine, un film, une musique, aux couturiers, qu’ils revisitent, transcende parfois, s’approprie pour mieux s’en détacher, simplifie comme un peintre qui nettoierai sa toile pour que ne reste que l’essentiel.

  4. Il a une indécence à être aussi à l’aise dans l’exercice de style du “lady-like” que dans la “street-culture” - le bon goût chevauche le mauvais goût.

  5. Un grand couturier est non seulement celui qui est capable d’inventer une nouvelle silhouette, mais aussi celui qui dévoile une infime partie de la personnalité de la femme, qu’elle tenait jusque là pour secrète - Marc Jacobs en est ! lire p 15 la différence entre être “dogs” ou “cats” d’après Feinstein

Marc Jacobs - Unseen - par Robert Fairer - édition Thames & Hudson - édité en 2018 - 349 pages - photo mode - de la collection 1994 à 2012/2013


Dela Musique
De la Musique - conversations

Par Haruki Murakami et Seiji Ozawa
genre / conversations musicales

extrait choisi : “ Je crois qu’il existe une sorte d’ouverture universelle. Les japonais que nous sommes, mais aussi d’autres peuples asiatiques, possèdent par exemple une catégorie de mélancolie bien à eux. Je pense qu’elle n’a pas tout à fait la même origine que la mélancolie juive ou la mélancolie européenne (...) Je me plais à penser qu’une interprétation d’une composition occidentale puisant aussi dans la sensibilité japonaise (...) a sa propre raison d’être.” p 197


5 bonnes raisons d’ECOUTER ce livre:

  1. La grande vertu de ce livre est de permettre à des néophytes, à des amateurs plus ou moins éclairés de rentrer avec facilité dans le monde de la musicalité.

  2. Une conversation entre l’écrivain japonais Haruki Murakami et le grand chef d’orchestre Seiji Ozawa - A chaque rencontre, un morceau est abordé - il est l’accès à ses interprètes, sa technique, son créateur, son langage, son rythme, ses respirations, ses MA ( vide - espace).

  3. De Gould “ du génie à l’état pur. On a beau être loin de la partition, rien ne paraît étrange ” p 33 à Bernstein “ obtenir de l’orchestre un son homogène. Lenny ne nous a pas appris à le faire. Sa nature l’en empêchait. il avait un autre genre de génie” p 42.

  4. Il s’interdit d’abord de comparer Karajan à Bernstein, mais glisse invariablement vers une analyse précise de leur jeux d’orchestration qui diffèrent en tous points p 29 - Beethoven, Brahms, Mahler dont il dit “ le choc a été violent pour moi - avant je ne savais même pas qu’une musique pareille existait.” p 162.

  5. Un livre envoûtant, simple, limpide, qui vous tient dans la durée - l’alphabet musical est là - vous découvrirez p 103 comment Murakami a appris à écrire ?

De la Musique - conversations - par Haruki Murakami et Seiji Ozawa - édition Belfond Hudson - édité en 2018 - 299 pages


Paysages
Paysages

Par Rainer Maria Rilke
genre / essai

extrait choisi : “ Mais celui qui aurait à écrire l’histoire du paysage se trouverait tout d’abord livré, sans secours, à des impressions étrangères, lointaines, insaisissables. Nous avons l’habitude de compter avec les formes, et le paysage n’a pas de forme.” p4


5 bonnes raisons d’ECOUTER ce livre :

  1. Un mot sur l’écrivain autrichien (1875/1926), poète des mots, amoureux et complice des femmes, parlant et pensant la nature avec esprit. Il mettra dix ans de sa vie à écrire ce court texte, sans doute une des essences de sa vie.

  2. Qu’elle est difficile à cerner cette nature plurielle, qui nous dépasse, nous enivre si on la laisse occuper une place dans notre vie. Parler de la nature, c’est toujours évoquer un paradis perdu.

  3. Sa description de la nature qui s’approche de la ville, offre un point de vue très singulier. Car lorsque la nature se tient près de l’homme, des villes, elle a ce don de les transformer en apparence de paysage. Quant à la poésie, c’est lorsqu’elle parle de paysages, qu’elle dit l’âme.

  4. L’homme “neuf” en dépit de sa présence terrestre depuis des millénaires est trop préoccupé et “enchanté de lui” pour regarder ce qui n’est pas lui. Suivi de cette phrase aux sens multiples et portant un écho moderne “ Le paysage, c’était le chemin sur lequel il marchait” p 29.

  5. La nature qui survit à l’homme “plus durable et plus grande” tandis que l’homme se perd “son image devenait fluide, presque insaisissable” p 34.

Paysages - Rainer Maria Rilke - édition livrets d’art - 42 pages - 2017 - merci à ma belle amie Muriel de ce si élégant cadeau

Christine Lerche
POUR l'1nstant.fr
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