Le tannage du cuir
2020.09.04 Fashion

Le bob, chapeau star de 2020 ?

Accessoire indispensable des années 1990, le bob revient en force depuis quelques saisons déjà. Cette année plus que jamais, il prend ses aises, et s’installe confortablement sur toutes les têtes, jusque dans les défilés. Et si on peut avoir en tête le bob Ricard, le bob de pêcheur ou le bob du touriste allemand, ce petit chapeau a plus d’un tour dans son sac pour séduire les nouvelles générations. Car oui, la nostalgie des nineties a rendu son retour bien plus facile, mais aussi plus perméable à toutes les tendances. Petit tour d’horizon de ce chapeau qui ne laisse personne indifférent.

D’où vient le bob ?

Avec un nom aussi évocateur que percutant, le bob est très simplement l’abréviation de “Roberts”, surnom que portaient les soldats américains lors de la Seconde Guerre Mondiale. En effet, ces derniers portaient ce chapeau lors de la libération, et l’association d’idées était telle que le nom était tout trouvé !

Mais si le "Bucket Hat” (“chapeau seau”, en anglais) est apparu au XXème siècle au sein de l’armée, il s’est vite démocratisé un peu partout dans le monde, jusque dans la mode. Car oui, au-delà de son aspect pratique (en raison de son imperméabilité, de sa fonction protectrice contre le soleil, ou encore de sa petite taille lorsqu’il est plié), le bob a connu un véritable regain d’intérêt esthétique. Dans les années 1960, il s’impose comme une bonne alternative au panama, mais son véritable tournant n’est pas encore arrivé !

Et oui, le véritable rebond intervient au cours des années 1980, notamment grâce à des marques comme Kangol, qui se charge de transformer l’esprit utilitaire du chapeau en quelque chose de plus axé sur le style. Le supplément d’âme ? Le jeu sur les matières, que le bob incarne à la perfection. Tantôt en velours, tantôt en coton classique, le bob gagne du terrain auprès de tous les publics, et notamment de la scène breakdance.

Le bob, à la croisée des styles

Alors que la transformation du bob s’opère peu à peu, différentes cibles s’en emparent pour se l’approprier. C’est le cas du vestiaire streetwear, dont ce petit chapeau devient rapidement un emblème.
En accompagne l'évolution du hip-hop, le bob se forge une place de choix dans l’imaginaire collectif, jusqu’à, hier comme aujourd’hui, être porté par des icônes telles que Run DMC, Public Ennemy, Rihanna, ou encore Jay-Z.

C’est probablement la force principale du bob : il navigue entre les frontières, et ne parvient ni à se figer, ni à nous lasser. C’est pourquoi aujourd’hui encore, il a su s’imposer à travers les tendances, notamment dans le normcore, en 2014, qui a distillé ses valeurs de simplicité et de praticité de la plus belle des manières.

Aujourd’hui, on le retrouve facilement sur les podiums de grandes maisons et créateurs tels que Alexander Wang, Huf, Kenzo, Tommy Hilfiger. Certaines marques s’amusent même à le twister, tant sur la forme que sur les contrastes, à l’instar des maisons My Bob, ou encore Verlan Paris, qui contribuent à faire vivre et perdurer ce Bucket Hat dont on parle tant.

Verlan
Le bob, poreux à notre époque

Si, de nos jours, le bob s’adresse davantage à la jeunesse, il n’en reste pas moins qu’il s’est aussi imposé comme un chapeau à la lisière du clivant. Tantôt trop “cool”, tantôt trop ringard, tout l’enjeu et l’intérêt de cette pièce est de réussir à l’équilibrer, tant sur une silhouette que dans sa conception.

Un équilibre rude, mais passionnant, qui s'ancre profondément dans les enjeux contemporains. Par exemple, on a parfois coutume de lui accoler la notion de pièce “genderless” (qui ne fait pas de distinction entre les genres). Une force qui, bien loin d’une simple toile de coton informe, permet de redéfinir certains codes, certains vestiaires.

Désormais, il existe des bobs de ville, des bobs d’été, des bobs imprimé léopard, des bobs en velours, bref, autant de créations qui permettent à tout un chacun de s’y retrouver, et de rendre une tenue instantanément moins classique. On est bien loin du bob Cochonou ramassé lors du Tour de France !

Car oui, s’il y a bien une chose que nous montre le bob, c’est que tout est possible, et tout est encore à créer... voire, à re-créer.

Photographies : VERLAN

Tommy pour Comme un camion
Originaire de la région lyonnaise, Thomas est désormais parisien, après un passage à Tours pour ses études de littérature. Au-delà de son goûts pour les belles lettres, Tommy cultive un certain attachement à la mode, dans ce qu'elle a de plus large et de plus riche en même temps. De la découverte de petits créateurs aux dernières tendances sneakers, tout est sujet à l'intéresser. C'est aussi pour ça qu'il fait désormais partie de l'équipe Comme un camion.
FOLLOW US ON INSTA